Appel à candidature pour une bourse doctorale LISIS

LISIS

Laboratoire Interdisciplinaire Sciences Innovations Sociétés

UMR CNRS, ESIEE Paris, INRA, UPEM

 Ecole Doctorale ABIES de l’AgroParisTech

Thème de la thèse : Acceptabilité et construction des publics dans les dispositifs de gestion publique. Le cas de la lutte génétique contre le moustique tigre.

Contexte de la recherche doctorale

Le sujet de la thèse rejoint les préoccupations grandissantes d’une refonte des stratégies durables de gestion des phénomènes de bio-invasions sous l’influence conjointe du changement climatique et de la globalisation. Dans le cas présent, les déplacements et acclimatation du moustique tigre sont porteurs d’enjeux sanitaires majeurs et représentent un point d’attention pour la gestion des épidémies de maladies humaines virales. Ces enjeux  conduisent à la recherche d’alternatives à la lutte anti-vectorielle (LAV) par voie chimique compte tenu de ses impacts environnementaux et de l’apparition de résistances aux biocides. Une voie biotechnologique est en cours d’expérimentation à travers des programmes de recherche et de pré-développement de stratégies préventives centrées sur la gestion du vecteur. Certaines de ces stratégies rencontrent, outre des difficultés techniques, une question d’acceptabilité du recours à une manipulation génétique des populations de vecteurs ou à la diffusion d’agents pathogènes et autres biopesticides.

Sujet de la recherche

 L’acceptabilité des nouvelles techniques est souvent mise en jeu comme un paramètre de contrôle de la mise en œuvre d’innovations, le plus souvent à partir d’approches fondées sur l’enquête d’opinion. Or, la question de l’acceptabilité, telle qu’elle est traitée en sciences humaines et sociales depuis plusieurs décennies, fait l’objet d’approches qui parcourent le spectre de plusieurs positions méthodologiques : des approches les plus individualistes des perceptions et des attitudes aux approches les plus holistes sur les valeurs et les critères de choix de société. L’ensemble forme un ensemble d’approches candidates à la rationalisation de l’acceptabilité sociale des risques technologiques dans le cadre de la gouvernance des risques.

 Ce projet de thèse propose un changement de perspectives par rapport à ces approches traditionnelles. Il s’agira ici d’analyser la façon dont ces « publics » conçoivent, discutent et s’approprient ou pas ce qui est présenté comme une question d’acceptabilité de ces biotechnologiques de lutte anti-vectorielle génétique. La recherche se basera à la fois sur des analyses des discours et sur des analyses de pratiques des différents acteurs impliqués dans des situations quasi-expérimentales. Ces dernières seront réalisées en collaboration avec les biologistes du programme de recherche REVOLINC financé par l’ ERC dans lequel cette thèse est intégrée.

 C’est donc suivant une approche socio-anthropologique des savoirs de l’acceptabilité d’une balance risque technologique/bénéfice que cette thèse entend contribuer au programme de recherche REVOLINC, en posant l’intérêt d’une compréhension fine et symétrique de l’acceptabilité d’une voie génétique dans la lutte contre le moustique tigre selon les contextes et les cadres, les démarches et les dispositifs dans lesquels la lutte vectorielle vient à exister.

Programme et conditions de Travail

En termes de méthode, un premier travail de recherche bibliographique permettra de cadrer le sujet et la problématique de la thèse dans le contexte d’une histoire longue de la lutte vectorielle contre les moustiques afin de dégager les spécificité de la LAV par le recours à l’induction de la stérilité male. Ce travail devra être limité et surtout finalisé par la compréhension du traitement des publics, du rôle joué par la question de l’acceptabilité des moyens de lutte en balance des risques avérés des arboviroses. Dans un deuxième temps, un premier travail d’étude documentaire et de sociologie de terrain visera à retracer la chronique et la socio-histoire des programmes d’innovation par lutte génétique qui seront retenus. Ce sera également un temps de repérage des acteurs et d’établissement des collaborations nécessaires et un moment pour interroger les acteurs scientifiques, gestionnaires publiques et opérateurs privés de la lutte vectorielle génétique.  Il est envisagé à ce stade de recourir à l’étude de situation à la Réunion et en Camargue. 

Cette thèse sera réalisée sous la direction de Marc Barbier, directeur de recherche à l’INRA, spécialiste d’études des sciences et des techniques (STS), membre de l’UMR LISIS. Elle est financée par le projet REVOLINC coordonné par Jérémy Bouyer (CIRAD), membre de l’UMR ASTRE (AnimalS, health, Territories, Risks and Ecosystems). La thèse sera réalisée avec l’appui de l’UMR ASTRE.

Modalités de candidature :

Les candidats/tes doivent faire parvenir par courrier électronique, le 28 juillet 2016 au plus tard, un dossier comportant les pièces suivantes :

- une lettre de motivation détaillant les raisons de leur candidature ;

- un curriculum vitae faisant état de leur qualité académique ;

- un ou plusieurs textes de leur production (articles, mémoire) ;

- éventuellement, une ou plusieurs lettres de recommandation.

Le dossier devra être transmis par email (mention « DOCTORAT 2017 REVOLINC» dans l’objet du message) à : This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it. et This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it. .

Les candidats/tes pré-retenus/ues suite à une première sélection sur dossier pourront être auditionnés/ées courant juillet 2017. Les décisions seront communiquées fin Juillet 2017.

Pour plus de renseignements sur la recherche au LISIS : http://www.umr-lisis.fr/.